"...Il faut s'attarder sur leurs regards embués de larmes, sur leurs mains qui caressent et retiennent l'enfant qu'elles portent au creux de leurs bras : les Vierges de Giovanni Bellini sont d'abord des mères. C'est une mère qui présente le Christ au temple ; c'est une mère ravagée de douleur et vieillie qui le recueille au pied de la croix. Une mère qui se résigne face à un destin qu'elle ne peut empêcher. Ici, le sacré d'un destin et le profane de la souffrance cohabitent.
Dans la pénombre de la Scuderie du Quirinal, à Rome, où sont exposées, jusqu'au 11 janvier 2009, plus de soixante oeuvres de Giovanni Bellini prêtées par les plus grands musées du monde, on est d'abord frappé de cette douleur muette et consentie de la mère du Christ.
Cette exposition est un événement. Le peintre vénitien (né vers 1430, mort en 1516) n'a fait l'objet d'aucune rétrospective depuis celle de 1949, au palais ducal à Venise. Depuis, les connaissances sur le peintre et l'accrochage ont fait des progrès. La soixantaine d'oeuvres, soit les trois quarts de celles attribuées avec certitude à Bellini, font l'objet d'un traitement "sur mesure"
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