"...La représentation peut commencer. Sur la grande terrasse de la mairie de Salemi (Sicile) sont réunis le maire, Vittorio Sgarbi, 56 ans, quelques-uns de ses adjoints, un reporter de la BBC, une journaliste du Giornale di Sicilia, et l'envoyé spécial du Monde. Dix mille habitants, à une soixantaine de kilomètres de Palerme, cette commune à vocation agricole est devenue le nouveau centre d'intérêt de la Sicile, après la Mafia, et la construction sans cesse remise du pont de Messine.
Le nouveau maire a décidé de vendre pour 1 euro les maisons en ruine de sa commune. Jusqu'alors, qui se souciait de cette bourgade écrasée de soleil ? Des historiens qui savaient qu'elle avait été une "ville libre" résistant à toutes les conquêtes. Des érudits qui se souvenaient qu'elle avait su faire coexister en harmonie trois communautés (catholique, juive et arabe) pendant des siècles. Des rats de bibliothèque qui avaient retenu que Garibaldi, un jour de mai 1860, l'avait désignée "première capitale d'Italie". Passé glorieux et histoire récente tragique : en 1968, un tremblement de terre en rasa la moitié. Bref, pas de quoi attirer les touristes qui filent de Ségeste à Agrigente sans un détour..."
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